L’Anglais est atomique – le Français est moléculaire

My French friend, Eric, sent me a passionately irritated message about the evolution of the French language. He’s particularly upset by the young immigrants who don’t use the French we have all learned and who make up their own words. It gives one pause as to the essence of a living language. Should it preserve its rules or adapt to the changes in its culture?

Should we proper Americans use ‘whom’ when appropriate and avoid ‘judgmental’ and ‘hopefully’ or talk like the rest of the country?

Below is the French rant followed by the responses of two of my advanced and exceedingly bright students.

Let me explain three things before regular French students dive in:

1) Michel Serres – a contemporary French philosopher

2) L’Ecole Normal Sup’ is a prestigious learning institution

3) ‘le verlan’ – a current language invented by French young people, often of North African origin, the reverses the syllables similar to our Pig Latin. The name of the dialect itself, ‘le verlan,’ is an example. It comes from ‘l’envers,’ which means backwards, upside down, inside out.

Eric Jabouille’s rant:

“Grâce à une conférence de Michel Serres à l’Ecole Normale Sup’, je viens de comprendre pourquoi on se trompe complètement en pensant que la rupture de la syntaxe et la création de nouveaux mots (le rap, le verlan, etc.) prouvent que le français ne se porte pas si mal, alors qu’il est en train de rendre l’âme. C’est que le français n’est pas une langue de mots et que ces crétins, en cassant la syntaxe, sont en train de tuer la langue et donc la civilisation française. Voilà ce que dit Michel Serres”:

“Racine utilisait très peu de mots. Pourquoi ? parce que la langue française n’est pas une langue de mots. L’anglais est une langue atomique : l’essentiel de l’anglais c’est le mot. L’essentiel, l’unité de sens de l’anglais, c’est le mot. L’unité de sens du français n’est pas le mot. L’unité de sens du français c’est la phrase, la proposition. Et par conséquent avec très peu de mots, Racine utilise des propositions extraordinairement souples, raffinées, nombreuses et sophistiquées ; de telle sorte qu’il parle un français d’une richesse exceptionnelle. Le français est, disons, une langue moléculaire : elle associe des atomes. Ceux qui savent l’allemand savent que le choix de l’allemand – le choix de l’unité de sens de l’allemand – est juste au milieu entre l’anglais et le français ; c’est à dire que l’allemand adore coller des mots ensembles pour en faire une unité un peu plus compacte, c’est à dire des mots composés. L’allemand choisit comme unité de sens non
pas l’atome, non pas la proposition, mais le milieu entre l’un et l’autre. Et donc l’originalité d’une langue n’est pas forcément dans la sémantique. Quand on pose la question “quelle langue parlons-nous ?”, ou “combien de mots parlons-nous”, on oublie cette idée profonde que le génie du français, l’unité du sens du français n’est pas forcément dans la prolifération du vocabulaire. Et lorsqu’à l’Académie Française nous faisons le Dictionnaire, je rouspète régulièrement en disant : “nous ne nous occupons pas de la langue Française !”. La langue française est grammairienne, elle n’est pas sémantique. La langue française n’est pas dans les mots, elle est dans les phrases. Par conséquent la syntaxe est plus importante pour nous que la sémantique”.

(Extraits d’une conférence de Michel Serres à Normale Sup’)

Following are 2 responses from advanced students of mine.

– From Stephen R.:

“I doubt Kan, or Goethe is remembered for his genius with compound words.  And I think Shakespeare or Samuel Johnson, or V.S. Naipaul and Zadie Smith, have some pretty neat phrases.  Even if the continuum your friend describes has validity, I suspect it would be more valid for classifying writers within given linguistic traditions, not whole cultures vis-à-vis one another.  What does one make, for example, of someone like Conrad, who wrote flawless English in beautiful sentences, though his native language was Polish?”

– from another student, Michael C.:

“I found this article illuminating and interesting.  I would have preferred some examples of phrases.  But intuitively, the way he describes English, German, French makes sense.”

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